SURF A VOILE – Technique coaching

La technique « surfsailing » pour surfer une vague en planche à voile dans le vent léger est spécifique pour deux raisons principales:

  • la force du vent dans la voile est faible voire neutre quand la vitesse de déplacement au surf dépasse celle du vent, ce qui est très fréquent dans cette activité « lightwind ».
  • Le flotteur est plus large et plus volumineux, ce qui demande un engagement complet du pilote dans les manœuvres.

1 – le passage de la barre et le replacement au peak

C’est l’entrée en matière et soyons clair, si la barre de vagues n’est pas franchie, il n’y a pas de surf possible (sinon sur les restes de mousses au bord).

L’important est la position du rider qui doit rester le plus à la vertical possible sur ses appuis. Le flotteur doit être en permanence le plus à plat possible sur l’eau pour optimiser la glisse. Ne jamais casser l’ère: dans le vent léger une faut garder une glisse permanente, en adoptant un « touché d’eau » le plus sain possible. Ne pas pousser d’eau (trop sur l’avant), ne pas trainer d’eau (trop sur l’arrière).

Déjà évoquer dans un article précédant, le rider doit former un V avec son gréement à la verticale du flotteur, légèrement vers l’avant pour ne pas être en opposition à la glisse en se mettant trop sur la jambe arrière par reflexe.

Les bras restent tendus, pour garder de l’appui vers l’avant dans la voile. A chaque impact face à une vague, il faut pousser sur le flotteur (accepter l’impact) et remettre son gréement vers l’avant pour se reverticaliser et retrouver de l’appui tout en glisse.

Réel démonstratif d’un replacement au peak

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2 – Le virement de bord et le take-off

Le virement de bord est la technique à adopter en priorité !

Il permet de gagner du terrain et de se replacer plus rapidement. Si la technique n’est pas maîtrisée, cela prend 15 minutes pour réussir, à condition de le vouloir et d’adopter les bons gestes:

  • garder le flotteur toujours à plat en faisant attention au dosage de ses appuis
  • garder le gréement loin de soi (ne pas plier les bras) pour garder un maximum de contre-poids et d’équilibre
  • ne pas piétiner lors du changement de bord mais « voler » avec légèreté d’un côté à l’autre
  • retendre rapidement ses bras et rebasculer son gréement vers l’avant pour générer de la puissance, de l’appui et de la glisse dès que possible.

Astuce d’entrainement: forcez-vous pendant 10/15 minutes à virer tous les dix mètres, des deux côtés. Réfléchissez à votre mouvement, prenez le temps, votre flotteur flotte et vous porte en stand-up-paddle . Alors pensez SUP, avec une voile dans les mains, adopter un rapport de concentration 80% flotteur / 20% voile . Si vous chutez, c’est que vous étiez trop focus sur le gréement et pas assez sur le flotteur.

Le take-off, c’est comme en surf ! il faut l’anticiper.

Il faut du temps pour lancer un flotteur à l’arrêt, donc enfoncer dans l’eau. A moins d’être placer au creux du peak (technique et risqué), il faut glisser au moins 5 secondes avant d’être pris par la vague que l’on a choisie.

Il est question de lecture et d’anticipation. Virez un peu plus tôt pour avoir le temps de vous relancer. Une fois relancé, le flotteur est plus léger et offre moins de résistance. Il part donc plus rapidement au surf.

Acceptez la pente de la vague et lancez-vous ! trop de rider se mettent instinctivement en opposition en ressentant la puissance de la vague, et se laissent dépasser. C’est une sensation spécifique de la navigation dans le petit temps. On passe de rien ou presque dans la voile et en glisse à un maximum de ressources, il faut justement en profiter ! comme un reflexe après des années de « hauts régimes », c’est la peur d’être à la rue et de se faire catapulter, mais on en est loin, c’est l’accélération des éléments qui est surprenante et qu’il suffit d’optimiser.

Réel explicatif d’une anticipation virement de bord / relance / take-off

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3 – Le bottom-turn

Ce geste technique est gracieux. Il y a tellement de style à mettre et de sensations à ressentir dans ce geste.

Vent faible et flotteur plus imposant, engagez-vous à 100% dans votre courbe. Pourquoi faire les chose à moitié ? vous avez choisi de surfer cette vague alors allez-y franco !

Ecartez vous de la vague et carvez. Envoyez du rail, gréement vers l’avant dans le sens de l’action, bras avant tendu, tout le cors sur la jambe avant et vers l’avant. Couchez la voile si vous êtes en surpuissance ou modérez si vous avez besoin de ressource (en condition side-on par exemple, il va falloir border en gardant la voile assez haute afin garder du « moteur » pour remonter sur la vague).

La conséquence d’un demi engagement : le flotteur large et volumineux domine et vous emmène où sa vitesse et la vague l’emmènent.

Rail engagé – Voile couchée – Rider vers l’avant – Bras tendus – Regard vers l’action
Rail engagé – Voile haute – Rider vers l’avant – Bras tendus – Regard vers l’action

4 – Le top-turn (roller)

HIT IT !

Frappez la vague avec votre carène, que la vague soit tendue, molle ou moussue.

Carène à plat, votre flotteur capte un maximum d’énergie :

  • la force appliquée offre un appui pour se repositionner au-dessus du flotteur avec son gréement
  • le flotteur est relancé dans le sens du surf
  • l’énergie récupérée est optimale pour enchaîner avec l’action suivante ou s’envoler en aerial.

Pourquoi je ne frappe pas à plat :

  • l’appréhension : oui une vague c’est impressionnant, mais frapper à plat est le vrai moyen de s’en sortir !
  • manque de courbe au bottom: par manque de vitesse (qui peut être lié à l’appréhension aussi) je suis resté linéaire sur la vague (down the line) et ne mettant pas assez écarté de la vague je n’ai pas assez de courbe (rayon) pour revenir face à la vague.
  • mauvaise lecture ou estimation: j’engage mon roller trop tôt ou avant le contact avec la vague (appréhension aussi ?)

Les risques de ne pas frapper à plat: le plus souvent on se fait balayer. La vague avale le rail du flotteur et traverse le matériel. Soit la vague est perdue et part sans le rider, soit la vague embarque tout sur son passage avec les conséquences diverses que nous connaissons tous.

Carène à plat sur la mousse – Voile haute – Appui perpendiculaire au flotteur
Carène à plat sur la lèvre – Voile haute – Appui perpendiculaire au flotteur

Un coaching individualisé vous tente ?

Il y a beaucoup de chose à redécouvrir dans le vent léger.

Choix du matériel, réglages spécifiques, technique pour chaque mouvement. Le potentiel de progression est énorme.

C’est redécouvrir la glisse et développer son potentiel. C’est la possibilité de continuer de progresser tout moment, même en vieillissant par une technique dynamique moins traumatisante, car moins en résistance et moins en opposition sur son équipement. C’est retrouver du plaisir lors des plus belle journées sur l’eau, et rester plus passionné que jamais.

ALLEZ, JE ME LANCE !