– SURF A VOILE – Performez dans le vent très léger

Pas de vent ? et alors ?!

Cette semaine, le vent était très léger sur les spots. Mais pourquoi ne pas profiter des belles journées ensoleillées avec de belles vagues ?

Rappelez-vous il y a quelques années… Nous allions à la plage et sautions sur nos flotteurs dès le moindre souffle d’air. La glisse était notre plaisir.

Depuis, le matériel a évolué en devenant souvent très spécifique et exigeant en conditions « précises ». Et nous nous sommes habitués à jouer la session la veille en fonction des prévisions météorologiques.

Résultat : à moins d’habiter à Hawaï, notre spot n’offre que rarement les conditions parfaites. Il y a souvent « pas assez », ou « trop irrégulier », « tu arrives trop tard c’est top avant », « pas assez de vagues »…

Il est temps de faire le deuil des conditions parfaites et de profiter de chaque jour.

Vive le vent faible et les petites vagues, voici les points clés pour reconquérir la pétole et devenir un artiste du surfsailing !

Le mental

Votre état d’esprit va conditionner votre session. Soyez excité de redécouvrir une pratique que vous avez connue à vos débuts. Il est question de glisser avec peu de vent, en dynamisme et en équilibre plutôt qu’en résistance et en opposition. Acceptez le fait que vous allez devoir réapprendre et effacer quelques habitudes que vous avez acquises par des années de navigation bien toilé sur du matériel dédié à la performance à haut régime. Acceptez de tomber lors des premières sessions (souvent en arrière) car vous n’aurez pas la bonne position et la bonne technique. Soyez curieux de redécouvrir des sensations plus fines et de progresser pour performer dans l’ultra light-wind !

Le matériel

Le choix du matériel est une des clés pour dominer la pétole. Et si vous lisez ces lignes, c’est que vous l’avez déjà compris. Mais il ne fait pas tout ! C’est le pilote qui performe, selon son engagement mental et physique.

La longueur apporte de la glisse et de l’inertie. Une planche très courte à besoin de plus de vent pour glisser et pour ne pas dériver en latéral. Une planche longue glisse naturellement dans l’axe.

Le volume et la largeur garantissent la flottabilité selon le gabarit et/ou la force du vent. Il faut alors trouver le bon compromis par rapport à son niveau, son spot et ses ambitions. Dans le surf, il y a toujours eu des shortboaders et des longboarders. Chacun surfe. Pensez que l’on ne peut pas surfer avec une grosse planche ramène au paragraphe « Le mental ». Il suffit prendre le temps de s’adapter au style du flotteur, d’essayer de comprendre comment il fonctionne et d’accepter qu’il ne fonctionnera jamais comme une 75 litres « traditionnelle ». Le premier essai sera certainement traumatisant. Il faut quelques sessions pour s’habituer. Retour au mental, êtes-vous prêt à relever ce challenge ?

La voile doit être légère et réglée « light-wind ».

ATTENTION aux idées reçues: une voile trop creuse passera son temps à chercher son profil dans le vent léger. Une voile qui bouge ne propulse pas. Il vaut mieux une voile plutôt plate qui va retransmettre le moindre souffle d’air vers la propulsion et devient plus efficace, plus maniable avec un feeling plus léger dans les mains.

L’anticipation

Le choix du spot est important. Là aussi il faut penser différemment : oubliez (ou presque) le spot habituel, trouvez votre vague dans une crique abritée, sur une pointe de roche, une digue, un outside reef… Trouvez le spot avec le courant d’air side . Sur les cartes météo en ligne, il est facile de lire et de trouver les bons endroits. Grâce à la flottabilité de votre flotteur, de nouveaux spots vont se révéler excellents, des nouveaux terrains de jeu auxquels vous ne pensiez pas jusque là.

L’anticipation, c’est aussi lire le plan d’eau, attendre le bon moment plus calme pour passer la barre, savoir faire demi-tour quand ça lève au loin, analyser, patienter… Même chose pour rentrer, rentrer au surf pour assurer ou attendre l’accalmie pour ne pas se faire exploser dans le shorebreak.

L’anticipation c’est aussi choisir sa vague et prendre cinq bonnes secondes minimum pour lancer son flotteur en glisse avant que la vague n’arrive. Il faut se concentrer sur l’assiette du flotteur, ses appuis, son angle de direction pour avoir un maximum de vitesse au moment où la vague vous attrape. Si vous attendez que la vague soit sous vous pour vous mettre en route, il est déjà trop tard, à moins d’être dans le creux.

Anticiper, et c’est un pas vers le paragraphe suivant concernant la technique, c’est toujours chercher à se replacer au vent : finir sa vague jusqu’au bout en remontant au maximum au vent par exemple, ou sortir avant que la vague ne ferme complètement et de se retrouver dans l’inside avec une barre difficile à passer. C’est prendre le temps de réussir ses virements de bords des deux côtés ( en 1 heure c’est acquis, Cf le mental) (adopter le bonne technique en restant bien verticale comme en SUP, Cf la technique). Un empannage avec du courant, c’est vingt mètres de perdus !

La technique

Elle englobe un ensemble de gestes et de reflexes tout en optimisation et en dynamisme.

Il est tellement plus facile de se laisser tracter dans le vent soutenu en s’asseyant dans son harnais, et de résister en appuyant sur les pieds. Tout le monde sait « bourriner ». Glisser en finesse est bien plus technique.

Le petit temps ne pardonne pas. Trop sur l’arrière, et le flotteur pousse de l’eau. Un wishbone trop bas va donner une voile puissante en tête qui voudra pivoter vers l’avant, ce que le rider compensera par un appui arrière. Double sentence: le poids du rider au maximum sur le flotteur et une amplification de l’appui en arrière. C’est antiglisse !

Positionner votre wishbone plus haut va vous permettre de vous alléger et de mettre plus de poids sur le pied de mat, donc vers l’avant et sur votre jambe avant, au bénéfice de la glisse.

La position du rider est très importante, elle doit être la plus verticale possible voire légère vers l’avant. Il n’y a pas assez de vent pour se pencher en arrière en s’accrochant à sa voile. Il faut tenir sa voile, pas s’y agripper. L’idéal est de former un V à la vertical de son flotteur. Il faut penser que l’on est en recherche du meilleur équilibre sur un SUP, et s’activer pour rester debout lors du passage de la barre ou pour poser un move. Il n’y a qu’en restant fort sur ses appuis à la verticale du flotteur que cela peut passer.

Mettez ces conseils en application et boostez vos performances le temps d’une demi-journée encadrée, vous verrez la différence !

tentez l’experience d’un coaching sur mesure

Parole de coach:  » Décider de performer dans le light c’est accepter un nouveau challenge ! C’est se voir progresser à chaque session, retrouver du plaisir et de la motivation. C’est adopter une navigation en dynamique moins traumatisante et se rendre compte qu’il est encore possible de progresser et de s’épanouir, à tout âge et même après des années de pratiques. La glisse est un art  » .

Photos: Loïc Olivier & Mr MI

Gréez proprement vos voiles, plutôt plates et le wish au niveau des épaules ou plus haut.
Jouer, glisser et surfer dans les minis conditions c’est fun !
Le V rider/gréement en toute circonstance.
Reverticalisez votre position, formez un V entre votre corps et votre voile pour rentrer vos moves sans tomber en arrière.
Acceptez l’impact, frappez la vague avec la carène, fort et vertical sur vos appuis.
Engagez votre corps comme en surf, sans opposition avec le pied arrière, glissez !
Allez de l’avant , vers l’avant !
Frappez les lèvres avec vos carènes, pas avec le rail.
Side-on shore ? jouez-la back-side !
Carène à plat sur la lèvre, sans s’agriper à sa voile.
Surfez comme en surf, utilisez la puissance de vague, moins le vent.
Et si y a vraiment rien, sortez la pagaie 🙂